
Le camp de Choisel à Châteaubriant Après la défaite de 1940, les troupes allemandes occupent une partie de la France. Elles parviennent ainsi en Bretagne et, le 17 juin 1940, entrent dans Châteaubriant (Loire-Inférieure), petite ville de 10 000 habitants située dans la vallée de la Chère. Les soldats faits prisonniers à Nantes et dans les environs sont dirigés sur Châteaubriant et regroupés sur le champ de courses de Choisel. Quatre camps sont alors créés : le camp A où sont enfermés des tirailleurs sénégalais, le camp B rassemble les prisonniers anglais, le camp S dans le terrain de sport de la ville en Bois, où sont détenus des prisonniers venus de Nantes et le camp C, celui de Choisel, le plus important et le mieux organisé. Ce sont bientôt quelques 45 000 prisonniers qui sont internés à Châteaubriant. Le 14 janvier 1941, ces hommes sont transférés en Allemagne. Seul le camp de Choisel, centre de séjour surveillé de Châteaubriant, subsiste où sont internés maintenant les nomades raflés sur les routes et les droits communs. En avril 1941, arrivent les premiers détenus politiques, opposants au régime de Vichy. En mai, 219 militants communistes de la région parisienne arrivent au camp, la plupart d’entre eux viennent de la Centrale de Poissy et une centaine de la prison de Clairvaux, plus tard, d'autres viendront de la Santé.En octobre on compte 600 hommes et femmes détenues. Le régime du camp dirigé à sa création en février 1941 par un officier français des colonies, le capitaine Leclerc et surveillé par une quarantaine de gendarmes est assez souple. Les détenus bénéficient d’un régime très libéral : ils peuvent sortir du camp et recevoir des visites. Ils mettent en place de nombreuses activités intellectuelles et sportives, une bibliothèque, des cours de lecture, de philosophie. Un terrain de sport est délimité et des courses sont organisées. Le régime se détériore suite au changement de direction intervenue après l’évasion de 4 dirigeants communistes, tous membres du comité central du PCF, les 18 et 19 juin : Fernand Grenier, Léon Mauvais, Eugène Hénaff et Henri Raynaud. Les conditions d’évasion – deux passent simplement la porte du camp munis de carte de visite aux détenus – témoignent d’un régime plus que « tolérant » Le statut des détenus change à son tour au lendemain de l’attentat à Paris, le 21 août 1941 quand un jeune militant communiste âgé de 22 ans, ancien brigadiste en Espagne, Pierre George, le futur colonel Fabien, abat un sous-officier allemand à la station de métro Barbès. En représailles, le commandant du « Gross Paris », le général Schaumburg signe une ordonnance en vertu de laquelle les Français arrêtés sont dorénavant des otages susceptibles d’être fusillés. C’est dans ce contexte que, le 22 octobre 1941, 27 détenus sont fusillés par les Allemands dans la carrière de Châteaubriant, parmi eux plusieurs jeunes garçons dont Charles Delavacquerie, 19 ans et Guy Môquet âgé de 17 ans. Le 15 décembre 1941, 9 autres otages internés au camp de Châteaubriant sont exécutés au lieu dit la Blissière. D’autres exécutions auront lieu courant 1942 jusqu’à la fermeture définitive du camp de Choisel le 9 mai. |