
Introduction - 22 octobre 1941 Devoir d’Histoire La Seconde guerre mondiale et plus particulièrement la Résistance et la déportation sont abordées au musée de l’histoire vivante depuis sa réouverture en mars 1946. A l’époque une salle entière est consacrée à ces deux aspects de la période et entre pleinement dans la scénographie d’une exposition permanente. Les anciens résistants et déportés qui constituent alors le conseil d’administration de l’association du musée, tous membres du PCF, veillent à « raconter » cette histoire, leur histoire. Ils s’inscrivent dans ce que l’on appelle le « devoir de mémoire ». Le musée participe dès lors de toutes les commémorations organisées par la municipalité et les associations d’anciens résistants et déportés. Les noms de rues, les plaques commémoratives rendant hommages aux fusillés, aux convois de déportés politiques tracent tout un parcours de mémoire dans cette commune fière de s’être libéré avant Paris, un 19 août 1944 et soulignent avec force l’attachement, la filiation, l’héritage d’avec la Résistance. Parmi ces riches collections d’archives et documents ayant trait à cette période, le musée conserve 15 planches en bois provenant de la baraque n°6 du camp de Châteaubriant. Sur ces morceaux de bois les 27 condamnés ont inscrit quelques mots, les derniers qu’ils ont voulu adresser à leur famille, leurs amis, leurs camarades, leur Parti, le Parti communiste, ou tout simplement ils ont apposé leur signature. L’hommage rendu par le Président de la République, le jour de son investiture, aux 35 jeunes résistants fusillés dans la nuit du 16 et 17 août 1944 à la cascade du bois de Boulogne, poursuivi par la lecture de la lettre de Guy Môquet, a rappelé ou fait connaître à l’opinion, ces quelques pages de notre histoire, de notre mémoire. Dès lors, il s’avère important pour un musée d’histoire comme le nôtre de remplir à son tour sa mission, d’accomplir son devoir, faire de l’histoire. L’histoire de la Résistance est faite par les historiens, enseignée dans les établissements scolaires par les professeurs d’histoire, revue et corrigée, enrichie et plus rigoureuse grâce au travail des historiens-chercheurs. La quête de la vérité est difficile, d’autant plus si la passion, le non-dit, la légende, les mythes, les reconstructions historiques naturelles à partir du moment qu’elles sont l’œuvre de la mémoire. Le musée de l’histoire et son équipe scientifique réunissant des enseignants vous présentent quelques
pages de cette histoire, celle de ces 27 hommes fusillés à Châteaubriant le 22 octobre 1941. Une histoire à partir
de sources et de travaux historiques authentiques. Une histoire douloureuse, complexe, faites de désillusions et d’espoirs, de courage
et de détermination. |