
Le 22 octobre 1941 Le 20 octobre 1941, le lieutenant-colonel, Karl Hotz est abattu à Nantes par un commando communiste composé par Gilbert Brustlein, Marcel Boudarias et Spartaco Guisco. Ils sont venus tous les trois de Paris et appartiennent aux jeunesses communistes. L’attentat est vivement condamné par la population y compris par les communistes nantais, car tous craignent de terribles représailles à l’encontre de toute la population et de la ville que les Allemands ont menacé de bombarder. Berlin exige une répression à la hauteur de l’acte. Le 21 octobre, le général Von Stülpnagel, commandant militaire en France fait annoncer par voie d’affiche que, « en expiation de ce crime », 50 otages seront fusillés ainsi que 50 autres si les coupables ne sont pas arrêtés avant 48 heures ». Le régime de Vichy, qui condamne lui aussi avec fermeté les attentats communistes, se joint aux autorités d’occupation pour offrir une récompense de 15 millions de francs pour toute dénonciation des auteurs de l’attentat. Quant au choix des otages, il revient au gouvernement du Maréchal Pétain de les désigner. Le ministre de l’Intérieur français, Pierre Pucheu, épluche les listes de détenus et retient 50 internés presque tous communistes. Les représailles n’arrêtent pas les militants communistes qui forment les Bataillons de la Jeunesse, véritable bras armé du PCF. Un autre officier est abattu à Bordeaux par Pierre Rebière et 50 autres otages sont désignés. Le 22 octobre, ils sont 27 au camp de Choisel près de Châteaubriant à se préparer à mourir. Tous regroupés dans l’une des baraques du camp, ils rédigent leur dernière lettre et inscrivent quelques mots ou leur signature sur les planches en bois du baraquement. Puis, ils sont conduits à la carrière de la Sablière à Châteaubriant. L’exécution se déroule dans l’après-midi entre 15h50 et 16h10. Tous ont refusé d’avoir les yeux bandés et les mains liées. Les témoins rapportent qu’ils ont chanté La Marseillaise. Le benjamin, Guy Môquet est attaché évanoui au poteau et fusillé d’après le témoignage d’un des gendarmes français présent lors de l’exécution. Le même jour, seize otages sont également exécutés à Nantes, au champ de tir du Bêle, et cinq autres à Paris, au Mont-Valérien. Deux jours plus tard, le 24 octobre en représailles de l’attentat de Bordeaux du 21 octobre contre un conseiller militaire allemand, 50 otages sont fusillés à Souges. Les réactions à l’annonce de ces exécutions qui n’ont pas épargnés de jeunes garçons (Claude Lalet et Maximilien Bastard, 21 ans, David Emile et Charles Delavacquerie, 19 ans) sont vives. A Londres, le général de Gaulle déclare au micro de la BBC : « Il est absolument normal et il est absolument justifié que les Allemands soient tués par les Français. Si les Allemands ne voulaient pas recevoir la mort de nos mains, ils n’avaient qu’à rester chez eux et ne pas nous faire la guerre. Tôt ou tard, d’ailleurs, ils sont tous destinés à être abattus, soit par nous, soit par les Alliés » tout en rajoutant « Mais il y a une tactique à la guerre. La guerre des Français doit être conduite par ceux qui en ont la charge, c'est-à-dire moi-même et par le Comité National » (Le Martyre des otages, Londres, 23 octobre 1941). Quant à la résistance et en particulier celle dirigée par les communistes elle s’inscrit avec d’autant plus de détermination, d’acharnement et de sacrifices contre l’occupation nazie et le régime de Vichy. Les appels à la vengeance fleurissent en même temps que les arrestations, les tortures, les déportations et les exécutions se succèdent.
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