La Révolution française est un long processus historique qui débute bien avant 1789. Elle prend forme dans cette crise de l’ancien régime qui aboutit à la chute de la monarchie le 10 août 1792 et à la proclamation de la République le 21 septembre, puis au procès du roi Louis XVI et à son exécution le 21 janvier 1793.
L’ouverture des Etats Généraux le 5 mai 1789 est une occasion pour Louis XVI de souligner les limites des réformes engagées par divers gouvernement et surtout mettre fin à la révolte nobiliaire. Le processus est enclenché et la Révolution trouve son chemin. Le Tiers-Etat compte bien se faire entendre d’une monarchie demeurée sourde à ses revendications. La proclamation de l’Assemblée nationale le 17 juin scelle d’une manière irréversible « le rejet de dix siècle d’histoire ». La monarchie tente le coup de force contre la nouvelle représentation nationale et recourant à la menace d’une intervention des troupes. Le renvoi, le 11 juillet, du ministre Necker débouche sur une mobilisation parisienne qui se conclue, le 14 juillet, par la prise de la Bastille. L’intervention du peuple et l’exercice de la « Terreur populaire » conforte le pouvoir de l’Assemblée nationale contre la monarchie et les nécessaire réformes qui vont être engagées. Le 17 juillet, Louis XVI est conduit à l’Hôtel de ville de Paris, avec à ses côtés Bailly, maire de Paris, et La Fayette, chef de la garde nationale parisienne, il se décide - plus par soumission que par volonté réconciliatrice- à porter la cocarde tricolore. Les quelques nobles qui s’enfuient pour l’étranger (dont les frères du roi et une partie de l’entourage de la reine) ont compris qu’une révolution est en marche et qu’elle va continuer à suivre son cours.

L’histoire leur a donné raison. Le cycle des événements s’enchaînent et le démantèlement des institutions de l’Ancien régime se poursuit à commencer par l’abolition des privilèges (nuit des 4 et 5 août 1789), la déclaration de Droits de l’homme (26 août).
La fuite de la famille royale à Varennes, le 21 juin 1791, marque la rupture définitive du souverain avec le peuple. Arrêté, emprisonné, puis jugé il est condamné à mort puis exécuté le 21 janvier 1793. La République française a rompu définitivement avec la monarchie. Elle s’attire les foudres de l’Europe des rois qui lui déclare la guerre. La jeune République répond par la levée en masse des citoyens pour « défendre la patrie ». Le contexte de guerre exacerbe les tensions politiques au sein de la Convention et dans les clubs révolutionnaires. Les plus modérés des révolutionnaires qui entendaient mettre un terme au processus révolutionnaire sont à leur tour désignés comme des « ennemis de la révolution » et montent à l’échafaud. Danton, l’homme du 10 août 1792 et de la prise des Tuileries ainsi que ses partisans, Camille Desmoulins entre autre, sont à eux-mêmes soupçonnés de comploter contre la République. Arrêtés puis jugés par le Tribunal révolutionnaire, ils sont guillotinés le 5 avril 1794. Quelques mois plus tard, c’est au tour de Robespierre et d’autres membres du comité de salut public, Couthon et Saint-Just, d’être arrêtés puis guillotinés le 28 juillet 1794. Une nouvelle Constitution est adoptée le 17 août 1795, posant les bases d’un nouveau régime le Directoire. Le général Bonaparte y met fin par un coup d’Etat le 9 novembre 1799 (18 brumaire de l’an VIII).

Éric Lafon