Aux portraits officiels élogieux de Marie-Antoinette et aux dessins vipérins stigmatisant
les débauches de la Reine succèdent, dès son emprisonnement, des allégories de la femme désespérée, « valorisée
par sa souffrance de mère ». Qu’elles soient le fait de dévots royalistes ou de portraitistes révolutionnaires,
les représentations de Marie-Antoinette participent à victimiser la femme et non plus à accuser la Reine.
Et, en dépit de la morgue réelle ou supposée de Marie-Antoinette qui aurait dit au moment des disettes de 1789 : « Ils
n’ont plus de pain qu’ils mangent des brioches » et qui a si largement marqué les mémoires, une relecture « toinettomaniaque» se
fait jour. En « témoigne l’évolution de son image : l’aristocrate débauchée d’avant la Révolution,
la contre-révolutionnaire affirmée, mauvaise conseillère politique, disparaît dans un premier temps devant l’image douloureuse
de la mère de famille emprisonnée puis de la femme grandie par l’épreuve pour aboutir actuellement à une sorte de Lady
Di dont l’action politique n’est pratiquement plus prise en compte. »