Dans la mythologie grecque, Pandore est une femme envoyée aux hommes pour les punir de leur orgueil lorsque, par maladresse ou volonté consciente de faire le mal, elle ouvre la boîte dans laquelle Zeus avait enfermé toutes les misères et tous les malheurs qui peuvent frapper l’Humanité. Le mythe est suffisamment connu pour que la lecture de cette gravure à l’eau-forte coloriée satirique anonyme d’origine anglaise (16 cm de haut sur 24 de large) soit immédiate. La caricature, qu’il est difficile de dater, fait référence au mariage de Louis XVI : un personnage vêtu de rouge (le ministre autrichien Kaunitz ou l’ambassadeur Mercy-Argenteau) présente à Louis, entouré de quatre femmes (les filles de Louis XV) un coffret d’où sort une jeune femme identifiée par la mention « Antoinette » sur sa jupe. Le couvercle de la boîte est orné de l’aigle d’Autriche et porte la mention « de tous les maux, voilà le pire ». De la bouche de chacun des autres personnages sortent des bulles, à la façon de nos bandes dessinées actuelles, qui portent : « Voilà le seul bijou d’Allemagne que l’on puisse mettre à prix »/ « Il eut mieux valu le fondre »/ « Je le crois faux. Qu’importe, nous tâcherons de nous en défaire au meilleur prix »/ « Défiez-vous de son caractère, voilà le beau présent que nous fait la cour de Vienne ». Certains commentateurs ont vu dans le vêtement de la reine une copie des habits qu’elle portait à la Conciergerie ; la plupart donnent soit 1785 (l’affaire du collier) soit, le plus souvent, 1791 (la fuite à Varennes).
La caricature, comme de très nombreuses autres pièces violemment anti-françaises, est vendue à Londres, chez Fores, à un prix dérisoire (3 shillings)